Le Premier jour:(31 aôut 2001)
de Symmes Creek à Anvil Camp
Il
y a deux départs possibles pour le "trail" que
nous nous proposions de réaliser. Chaque fois, on part des bords de la grande
dépression dénommée "Owens Valley"que suit la grande
route N935 sur
une grande partie de sa longueur. Les deux points sont situés le
long de la rivière "Symmes Creek". On quitte la nationale à
Independance située 26 km au nord de Lone Pine, pour prendre une route
asphaltée qui traverse la vallée en direction de l'Ouest. On longe un triste
musée en plein air avec de vieux charriots de cow-boy et trois kilomètres plus
loin, après avoir dépassé deux collines, on tourne à gauche
pour emprunter un chemin de terre fleché indiquant " Shepherd
Trail". On franchit une première fois le "Symmes Creek" et
c'est là que se trouve la première possibilité de départ (alt:
5680 ft ou
1730 mètres). Un mini-parking avec deux voitures se trouvait là. Le flèchage
se poursuivait cependant vers le deuxième lieu de départ situé 1600 mètres
plus loin ( à vol d'oiseau) (alt: 6250ft ou 1900 mètres).
Pour être frais, dispos et bien reposés pour
la marche, nous avons décidé de loger sur place comme quelques autres
randonneurs. Mark a monté sa tente individuelle et Alexandre et moi, avons
logé sur un excellent matelas disposé dans le grand coffre de la Chevrolet
Suburban d'Alexandre (5.50 m de long). Malgré le bon confort (néanmoins
relatif),
on dort très mal en altitude et on se lève souvent quelque peu fatigué.
Nous nous somme
réveillé vers 6h30. Un autre
groupe de trois s'affairait à préparer son départ. Nous avions encore à
parachever et emballer nos bagages. Que faut-il prendre pour à la fois avoir suffisamment
de nourriture et de vêtements chauds tout en ne transportant pas trop de poids.
Chacun avait son sac à dos , son canister pour se protéger des ours, les
tentes, sacs de couchage etc.... Le reste que nous ne prenions pas devait être
dissimulé dans la "suburban" tout en veillant à ce que rien n'attire
les ours. Le véhicule allait rester là seul pendant quatre jours.Un WC public
rudimentaire pour randonneurs avait été installé à une cinquantaine de
mètres du parking où se trouvait 8 voitures. La végétation est à cet
endroit faite d'arbustes de type semi-désertique dont nous n'avons que
difficilement trouvé des traductions en français (pinyon pine, sagebrush
(sauge), bouquets d'ancolie printanières, et le long de la rivière des saules (willows) et des cottonwoods).
Nous sommes partis vers 7h30. C'était le début de notre fantastique et
inoubliable trip à travers le Sequoia National Park.
La piste traverse quatre fois le Symmes
Creek. A la fin du mois d'aôut , les passages à gué ne présentent guère de
difficultés et on franchit la rivière quasi sans ralentir. Il faisait déjà
chaud et c'est au quatrième passage que nous avions à remplir nos bidons (en
fait des bouteilles de Gatorade). Nous avions trois litres par personne. Mark
lui possédait un "Chamel Bag" de 3 litres également.On prélève
l'eau dans la rivière au moyen d'une petite pompe à main qui aspire l'eau à
travers un filtre et la déverse
dans les bouteilles. On y met des pillules pour
tuer les microbes.Vingt minutes plus tard, on en ajoute d'autres pour améliorer
le goût et l'eau peut être bue cinq minutes plus tard.C'est Mark qui disposait de ce
précieux équipement. Après ce dernier "gué", nous allons quitter
la rivière; nous sommes à l'altitude de 6880ft ou 2100mètres.
Après le quatrième passage de la rivière, le "trail" entame une
montée éreintante sur un sol rocheux. La piste est composée de très nombreux
lacets. Comme
nous n'avions pas encore pris notre petit déjeuner, nous avons choisi un site
dégagé juste après le deuxième lacet. Chacun a choisi une pierre
confortable comme siège. Mark nous a préparé un repas avec du chocolat chaud
et quelques tablettes de biscuits secs.Trente minutes plus tard ,nous nous
lancions dans cette difficile ascension la plupart du temps en
plein soleil.
A partir d'une altitude de 8000 ft (2450m), un léger couvert végétal fait
de sapins rouges et argentés nous apporte un
peu d'ombrage tandis que le reste de la végétation est faite de sauge,
d'acajou des montagnes (mountain mahogany) et de "cream bush".
Finalement , nous arrivons à un premier col (saddle) entre la vallée que nous
quittons et celle du Shepherd Creek. L'altitude est de 9050ft (2750m).
Face à nous, vers le sud, se profile une immense montagne qui est
séparée de la chaine que constitue l'ensemble des crêtes de la Sierra.
Il s'agit du mont Williamson, qui est le deuxième sommet le plus élevé de
Californie (14.375ft ou 4384m). Entre cette montagne et nous , le Shepherd Creek
a creusé une profonde et impressionnante entaille. L'endroit est fort
sympathique,et nous restons donc sur ce sommet le temps
d'un petit casse-croute et de se décharger le dos de nos sacs respectifs.
Et nous reprenons la route une vingtaine de minutes plus tard. Nous descendons
d'une manière à peine perceptible par un sentier en gros sable peu consistant
et à flanc de coteau jusqu'à un autre petit col tout aussi attrayant que le
premier. Ce "saddle" relie en fait un éperon rocheux au flanc de la
vallée. A partir de là, le chemin, toujours sableux, descend plus rapidement.
Nous pouvons juger la pente à la difficulté qu'ont deux randonneurs qui la
remontent et que nous croisons.On recoupera plusieurs lits de torrents à sec et
des arêtes rocheuses qui les séparent. Nous suivons toujours la vallée du
"Shepherd"
mais relativement haut sur le flanc Nord. Nous descendrons jusqu'à une altitude
de 8500ft (2600 m).
A partir de là, le chemin toujours très ensoleillé recommence à monter; nous
traversons un bois de pins brulés et ensuite nous arrivons près d'un
ruisseau où l'on peut trouver de l'eau toute l'année. Il était temps
car Mark n'avait plus rien à boire et nos réserves étaient presqu'épuisées.
C'est le seul point d'eau entre
"Symmes Creek"
et Anvil Camp.A partir de là, le sentier devient raide , le sol est
sableux. On s'y enfonce et l'ascension se fait en plein soleil. Nous devons nous
arrêter à plusieurs reprises pour reprendre notre souffle. Nous arrivons ainsi
à un premier petit bois dénommé "Mahogany Flat", qui peut s
ervir de
camping, mais le site est peu attrayant. Nous perdons la trace de notre chemin, tandis que
Mark a pris de l'avance. Nous le rejoignons finalement quelques lacets plus
haut. La montée est de plus en plus pénible. Le sol sableux renvoie les
rayons chauds du soleil. Et enfin, après quelques lacets et en arrivant à
l'altitude de 10.300ft ou 3150mètres, nous entrons dans un replat boisé. Tout
y est différent. C'est la haute Sierra avec un ruisseau avenant qui
serpente entre les pierres. Il y a de petites pelouses, des saules,des pins
(lodgepoles pines). Nous logerons en bordure de cette oasis, à une cinquantaine
de mètres de la rivière. Au delà et plus haut, nous apercevons le fond de la
vallée. C'est le Shepherd Pass.
Nous montons les tentes. Je loge dans une tente double avec Alexandre tandis que Mark
dispose de sa tente
individuelle. Les canisters avec la nourriture et les matières odorantes sont
installés un peu plus loin entre les rochers. Il n'y aura pas de visite
d'ours durant la nuit. Le site ne parrait d'ailleurs pas propice à la vie de
ces carnassiers car nous sommes loin des grandes zones boisées du Sequoia National
Park. Quatre autres campeurs, dans des tentes individuelles passeront également
la nuit à cet
endroit.